La Station F : symbole d’un nouveau paradigme des Ressources Humaines pour accompagner les « TRAVAILLANTS »


La première fois que j’ai pénétré dans la Station F, j’ai eu le sentiment de découvrir une ruche humaine. Qui était la Reine, quel était le but vers lequel tous les acteurs se mélangeant dans ce lieu se tournent ? Est-il commun, ou particulier à chacun ? Digital, entrepreneur, libre et jeune ; un univers où la liberté est possible, le lieu n’est que le cadre. Ce monde que nous construisons ressemblera-t-il à une ruche ou à un vol d’étourneaux ?
Quel sera le nouveau paradigme des Ressources Humaines qui pourra fonctionner dans ce nouveau monde? Comment va-t-elle se positionner dans un monde VUCA plus ouvert, se décloisonner pour valoriser l’ouverture?

Volatile, comme un vol d’oiseau


L’entreprise a besoin d’une vision, mais une vision porteuse de sens et d’engagements formel et informel. Ce sens ne peut plus être celui d’un petit groupe d’hommes (et quelquefois de femmes ) mais celui de tous, il est alliance, co construction. Dans ce cadre, la RH devra favoriser cet engagement en favorisant l’expression, l’écoute. Elle s’appuiera sur les réseaux sociaux, internes ou externes. Elle créera des espaces de rencontres, de dialogue. Elle permettra à l’entreprise de se renouveler en permanence : penser où le collectif souhaite aller, pourquoi il veut avancer, comment il veut le faire et quelles seraient les priorités. Le sens du travail évoluera du devoir au plaisir.

un HACKATHON plus qu’un YAKAFOCON.


Uncertain comme humilité


Devant cet avenir que nous avons de plus en plus de mal à définir, il n’y a plus d’expert, plus de sachant. Il faudra favoriser la mobilité tant interne qu’externe, et voir les départs volontaires comme une chance, les célébrer et non les pleurer. Les « travaillants » dans l’entreprise seront salariés ou pas, externes ou internes, et tous responsables de leur travail. Dans ce contexte, les managers seront des leaders ou des mentors, peu nombreux mais clé pour assurer l’empreinte de l’entreprise sur la société. La Rh accompagnera ce processus de partage de connaissance, proposer un cadre accepté par tous : cadre qui favorisera le lien, l’échange et la responsabilité sociale de l’entreprise.

DE L’ANIMAL LABORANS A L’HOMO FABER


Complexe comme co-élaboration


La complexité nécessite le décloisonnement, l’ouverture. Plus personne n’est propriétaire, nous sommes tous locataire, de notre travail, de nos outils. Le lieu de travail évolue : flex, distance , télé… La RH devra gérer cette distance physique tout en favorisant des processus inclusifs, des dialogues féconds, une capacité à se réinventer. Cette liberté retrouvée ne peut se faire sans cadre. Les codes of conduct, qui ne sont pas des chartes, mais des processus co-élaborés devront assurer une protection de l’individu dans une liberté accordée. Le rôle de la RH sera d’être le garant de l’éthique des échanges entre l’interne et l’externe, et ainsi de la réputation de l’entreprise.

UN POUR TOUS , TOUS POUR UN


Ambiguïté comme Agilité


L’intelligence artificielle sera au cœur des outils. Les agents intelligents rythmeront le quotidien. Chaque travaillant alimentera les compétences, les expériences qu’il vit et souhaite vivre. L’évaluation sera fondée sur celles des pairs, et pas des managers. Le recrutement passera par des recommandations, des espaces intelligents. La formation se fera à distance, par petites touches. Chaque « travaillant » alimentera la machine qui elle-même alimentera les « travaillants ». La Rh devra s’assurer que l’humanisation des machines ne déshumanise pas les relations au travail par un soucis constant de création de liens, à l’écoute des signaux faibles.

PLUS UN VOL D’ÉTOURNEAUX QU’UNE RUCHE


janvier 30, 2019

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